07/10/2006

Ma maison

                         

nounours5

La journée s’annonce belle. Le soleil, déjà, réchauffe la partie Est de la maison. Ma maison. Celle que j’ai cherchée interminablement pendant des mois et des mois. La rencontre entre elle et moi, je l’ai voulue définitive. Le coup de cœur sans équivoque. Comme une nouvelle et dernière histoire d’amour. 

Dès le moment où je l’ai vue, j’ai senti qu’elle était pour moi, qu’elle avait été construite, il y a très longtemps, uniquement pour moi. Elle m’attendait, patiente dans son isolement, sachant avec certitude que j’allais passer par là un jour et la vouloir à tout prix. 

 Elle a eu raison car aux battements de mon cœur, j’ai immédiatement su que c’était elle et pas une autre. 

Cette maison, pareille à un cocon, avec ses briques anciennes et ses murs épais, m’a immédiatement accueillie. Avec bonté, compréhension pour mes blessures et mes erreurs. Avec tolérance pour mes souvenirs d’une autre vie que je lui amenais sans lui demander son avis. Elle m’a ouvert les bras et je m’y suis blottie avec ravissement et reconnaissance. Je touchais enfin mon oasis de paix. Ma traversée du désert prenait fin. 

J’y habite maintenant et ce matin, les yeux fermés, assise dos à  la fenêtre, je jouis de la caresse du soleil matinal sur mon cou, mes épaules. L’atmosphère unique de cette grande pièce, avec sa mezzanine et son escalier de bois, m’offre un sentiment de bien-être profond. Depuis que je me suis installée ici, je ne me sens plus dominée par les désirs changeants de ma volonté. Une paix nouvelle prend tout doucement racine dans mon âme. Vais-je, ici, trouver un sens à ma vie ? Trouver la réponse à mes questions ? Où vais-je tout simplement oublier de me les poser …   

Mes yeux se posent sur les livres qui, placés à l’endroit qui semble être le leur depuis plus d’un siècle, me paraissent soudain plus accueillants, plus chaleureux. On dirait qu’ils ont maintenant envie de se livrer, de s’offrir à moi, de me ravir, de m’étonner … Envie de me faire cadeau des mots qu’ils contiennent. Ah le plaisir des mots, décrit par certains comme un art ingénieux de peindre la parole et de donner de la couleur et du corps aux pensées. « Donnez-moi » dit le poète « s’il en est dans la langue des hommes, des mots légers, des mots tremblants, des mots ailés. De ces mots que le vent semble avoir modulés, pour rendre, en leur douceur subtile et fugitive, tous les tressaillements ignorés ». 

Je vis ce moment avec volupté. 

Voilà que soudain l’idée insidieuse du plus tard s’empare de mon esprit. Vieillirons-nous ensemble toi ma maison et moi ? Rien que nous deux, comme un couple d’amants sereins et sûrs d’eux, sûrs de leur amour ?  

Le plancher craque ..... comme pour me rassurer .....

 

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21:40 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

que ta maison me fait envie!!! C'est bien vrai, poser définitivement ses valises dans un endroit qui semble n'avoir attendu que notre venue, quoi de plus beau. J'attends tes prochains textes avec impatience mon amie.

Écrit par : anne | 08/10/2006

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