28/10/2006

Mes sorcières bien-aimées

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Chaque fois, quand une nuit de pleine lune s’étend sur la ville et qu’en dépit de la douceur de ma couette le sommeil me fuit, j’aime à quitter mon lit pour me faufiler dans mon living. Telle une voyeuse en quête de débauche, je me cache derrière un fauteuil et j’attends, impatiente.

 

Le temps passe, rien ne bouge. Je sais pourtant que quelque chose va arriver. Mais quand ?

 

Soudain, un frémissement parcourt la pièce toute entière. Le manteau de silence se troue de vibrations. Les murs de mon living semblent rejeter plein de percussions ou sont-ce les battements de mon cœur ? La musique s’élève troublante, inquiétante. Il y a, autour de moi, comme une atmosphère d’Halloween.

 

Vous voici enfin vous, mes sorcières bien-aimées. Vous, les vedettes du spectacle, les stars de la nuit. Poupées grimaçantes chevauchant un balai, accrochées au bout d’un fil et pendant  de ci de là dans mon living, vous faites depuis bien longtemps partie de ma vie. 

 

Au son des tambourins et des timbales, trémoussez-vous, balancez-vous mes belles. Menez le cotillon. Pourquoi pas le cancan, la bourrée ou bien encore la tarentelle ou le quadrille ? Allez-y, ne vous gênez donc pas. Pour votre plaisir nocturne et pour le mien. N’y manque que Lucifer en rut pour faire frissonner vos dentelles.

 

Bien éveillée, les yeux grand ouverts, j’ai follement envie de me joindre à votre salsa. De me perdre dans votre monde de sortilèges et d’envoûtements, de filtres et d’amulettes, de grimoire, de chaudron et de corbeau. Potions et formules magiques. Venins en tout genre, sirops de crapaud, jus de fourmis …

 

C’est cela, quittez maintenant vos balais et ondulez, virevoltez, valsez à l’endroit, à l’envers, polkez, bostonnez …… Chantez, riez ….

 

Mais même les sorcières se fatiguent à la longue et puis le petit matin tout doucement approche. Le jour se lève vous figeant vous sur votre balai au bout de votre fil et moi dans ces habitudes que je déteste et qui me font tout doucement mourir sur place. 

 

À quand la prochaine nuit de pleine lune ? A quand le prochain Sabbat.

 

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19:26 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

22/10/2006

Ma tasse de café

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J’aime la caresser d’arrondi en courbe et de courbe en arrondi. Sentir sous mes doigts sa faïence  granulée et douce à la fois, son bord satiné comme la peau dorée d’un danseur de samba. 

J’aime  respirer son odeur d’aventure brésilienne. Humer son délicat doux vanillé, son succulent sucré cacaoté. 

J’aime écouter sa respiration de vent d’été brûlant,  les rythmes chauds des danses de là-bas,  les tambours et les envoûtements des lancinantes macumbas. 

Olinda, Recife, Sao Luis chantent dans ma tête. Je me souviens de Portinari, de Costa … Et puis aussi de Bandeira et de Jorge Amado. 

J’aime  goûter à ses délices insensés et extravagants et voir à travers elle le caramel de ton sourire. Tu me prends par la main et tu me guides dans tes délires bariolés. Oh oui, laisse-moi me perdre avec toi dans les vagues du grand Atlantique, me lover dans le sable blanc des plages vierges. Je t’en prie, emmène-moi au soleil des épices, du café et du cacao.


Portinari Candido (peintre fresques)

Costa Lucio (architecte)

Bandeira et Jorge Amado (poètes et romanciers)


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19:13 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

13/10/2006

La souris qui se prend pour un galet

souris5Elle ressemble à un galet, à un grand galet et pourtant elle n’est pas un galet.
 

Si je la prends dans ma main et la caresse du bout des doigts, elle prend la forme de ma paume. Je sens ses courbes lisses, son arrondi sensuel.

Si je la porte à mes narines, je sens une odeur d’aventure.

Une odeur d’audace et de risques.

Si je la porte à ma bouche et la goûte, toutes sortes de saveurs d’ailleurs et d’autre part me prennent à la gorge.

Si j’appuie de l’index ou du majeur doucement, j’entends un tendre, mais en même temps affolant, petit bruit. Affolant car me voici soudain happée dans un monde absolument fou. Tout n’y est qu’étonnement, surprise, émerveillement, inquiétude quelquefois. 

Elle ressemble à un galet et pourtant elle n’est pas un galet. Elle est ma souris et avec elle, je navigue dans l’espace infini et vertigineux de l’univers extragalactique de mon ordinateur.

 

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23:00 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |