26/11/2006

Lettre de Pluchette à Black parti ailleurs

Black paradis2

Cher ami Black,

 

La première fois que je t’ai rencontré, il y a bientôt six ans, tu as, en bon mâle qui se respecte, essayé de me draguer. Moi, je n’en voulais pas et je te l’ai fait savoir par l’un ou l’autre grognement de désapprobation. J’ai fait la vierge effarouchée et tu as vite compris. Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Bien sûr, bien plus jeune que toi, j’étais pleine de fougue (je le suis encore d’ailleurs), je courrais dans tous les sens et toi, tu me regardais les yeux ronds. Toi, Black le sage, Black le philosophe ! Sans broncher et avec une sérénité infinie, tu me laissais faire la folle autour de toi. De temps en temps, pour te remercier de ta patience, je te faisais des bisous dans le cou, sur la truffe. Rapides ces bisous car je ne voulais surtout pas te laisser croire qu’au fond… tu me plaisais bien.

 

Les années ont passé, nous nous sommes rencontrés souvent et toujours avec le même plaisir. Je sautais de joie quand ma maîtresse m’annonçait que nous allions dans ta famille. Quel bonheur de vous voir tous. Je n’étais même pas jalouse quand confiant, tu te mettais sur le dos et tu donnais ton ventre à caresser à ma maîtresse. Je faisais l’indifférente mais j’écoutais tout ce qu’elle te disait. Je partageais d’ailleurs toutes les gentilles choses qu’elle te susurrait dans le doux de l’oreille.

                                                                                 

Black

Par ailleurs, j’aimais bien me fâcher contre toi quand tu mordais les cuisses de ta maîtresse. Je trouvais que ce n’étaient pas des choses à faire. Et quand tu ronchonnais et que puni, tu devais aller sur le palier, moi je rigolais bien.

 

Tu te rappelles aussi l’été passé, lorsque je suis restée avec toi pendant que ma maîtresse et la tienne faisaient une petite sortie ? Je pleurais tellement dans le couloir que tu m’as ouvert la porte d’entrée pour que je puisse aller à sa rencontre. Heureusement, la porte du jardin était fermée et nous n’avons pu aller bien loin.

 

Maintenant tu viens de partir dans ton ailleurs à toi. Ma maîtresse me l’a dit, des larmes plein les yeux et la voix. J’ai compris que je ne te reverrai plus, que je ne te ferai plus des bisous dans le cou… J’ai peur d’aller dans ta maison où toi tu n’es plus mais où ton odeur est partout. Comment vais-je faire sans toi Black ?

 

Ma maîtresse m’a raconté que même si on ne te voit plus, on continuera à t’aimer très fort. Et moi, ta copine Pluchette, je sais que tu m’attends et que tu me prépares une chouette petite place avec toi et tes copains de là-bas. Qu’est-ce qu’on va s’amuser tous ensemble…

 

En attendant, veille sur moi cher Black et sur ma maîtresse. Je l’aime tant ! Je voudrais pouvoir le lui dire… alors je la regarde à ma façon (surtout pendant qu’elle dort dans le fauteuil) et je me dis que j’ai bien de la chance. Comme toi, tu as aussi eu bien de la chance…

 

À plus mon ami.

 

Reproduction formellement interdite

 

16:59 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Décidemment, je me trompe toujours d'endroit pour laisser un message ! Merci Nicole de nous faire partager ces textes si pleins de gentillesse et de poésie.
J'ai eu les larmes aux yeux en lisant la lettre à Black.
Continues à nous ravir.
Bisous
Viviane

Écrit par : viviane | 27/11/2006

Hé oui nos chers compagnons ont une vie bien courte comparée à la notre et les voir partir est toujours un tel déchirement...mais quel bel hommage!

Écrit par : Anne | 30/11/2006

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