24/12/2006

À ma fille

 

Tu es née, chère enfant, dans une famille où l’amour ne se montre pas, où l’amour ne se raconte pas, où l’amour même parfois ne se sent pas. Et pourtant, il est là tu sais, à portée de main, à portée de lèvres, à portée de regard. Il se fait néanmoins très discret. Il est si difficile pour les cœurs de notre famille de parler d’amour, c’est pas trop leur truc tu vois. Ils voudraient bien mais il y a toujours comme une barrière qui les empêche d’aller plus loin que « le nécessaire ». Les papouilles d’amour, connais pas… Les câlins, connais pas… Les « je t’aime » dis bien haut comme à la télé,  connais pas…

 

Et pourtant...

 

Rappelles-toi comme je chantais sur le chemin de la délivrance, comme je riais en écoutant le médecin chanter pendant la délivrance. Tu es née dans la joie et le bonheur, même si souffrance il y avait. Tu as été élevée dans l’amour par une maman toujours présente, toujours à l’écoute.

 

Mais…

 

Tu as grandi, tu es devenue une jeune fille, un garçon est entré dans ta vie et nos chemins se sont éloignés. Pour nous laisser vivre nos vies, nous avons inconsciemment mais de commun accord, rapidement coupé le cordon ombilical. Je pense qu’il s’agit là d’amour mais d’amour non dit.

 

Et nous voici maintenant…

 

Tu m’as dit, une pointe de jalousie dans la voix « Où est ma place dans tes écrits ? J’ai l’impression de ne pas exister entre tes sujets d’écriture. Jamais un mot sur moi, ta fille ». Tu as tout à fait raison. Alors je fais, ici, amende honorable.

 

Il est vrai que, pour moi aujourd’hui, il est plus facile de dire « je t’aime » à ma chienne lorsque personne ne m’entend, plus facile de la prendre dans mes bras et de lui faire des câlins quand personne ne me voit. Mais ne t’inquiètes surtout pas chérie, dans mes textes, entre ceux à propos des chiens de mon entourage, de mes deux grands-pères, et de tous les autres sujets sur lesquels j’écris dans ce blog et ailleurs, tu as TA place tu sais.

 

À tous ceux qui me lisent, je tiens à signaler que j’ai une fille adorable que j’aime de tout mon cœur et  à laquelle je pense souvent au cours de mon quotidien.

 

Encore une fois, plus facile d’écrire tout ça que de le dire.

 

Reproduction formellement interdite

 

 

 

16:08 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Bravo! On ne dit jamais assez je t'aime et lorsqu'on s'en rend compte il est souvent trop tard et ceux que l'on aime ont disparus, quel dommage cette retenue stupide, l'amour devrait toujours s'exprimer sans retenue surtout au sein de son foyer!

Écrit par : Anne | 24/12/2006

cadeau Quel beau cadeau de Noël pour ta fille, je comprends sa frustration et je comprends ta retenue car je suis munie du même carcan.
Mais ne dit-on pas, on peut donner que ce qu'on a reçu ? Et ainsi de génération en génération on est en manque d'amour.
Bravo ma Nicole

Écrit par : Viviane | 25/12/2006

C'est beau pourquoi est-il se difficile de dire aux gens qu'on les aime? Par pudeur? Parce qu'on ne nous l'a pas appris? Par peur? Il est tant de raisons. Mais ce que je lis dans ce très beau texte n'est qu'amour, avoué, clamé, offert. Ta grande fille l'a sûrement reçu, avec Joie, le coeur tout réceptif et rempli d'amour pour cette maman qui est aussi une femme formidable que je suis heureuse de connaître. En cette veille d'année 2007 chère Nicole, je vous adresse à toi et à ta fille, tous mes voeux de ces bonheurs cueillis au quotidien et tellement précieux. Sans oublier ta maman et notre adorable Pluche.
Belle année! A bientôt.
Et merci pour ces textes de vie qui sont un régzl chaque fois renouvelé.

Écrit par : Paulette | 30/12/2006

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