31/01/2007

Le "deux fois rien"

blog cigale
 

Mon amie me parle de tout et de rien. Surtout de son récent séjour en Provence. Elle me dit :

 

- Si tu veux, la prochaine fois, je te rapporterai des cigales en boîte. Elles se mettent à chanter dès que le couvercle se soulève. Tu verras, c’est très marrant.

- Oh oui, oh oui, je vais adorer ça !

 

Voici mon amie qui s’en va… en Provence… et puis qui s’en revient. Elle m’offre une petite boîte, fermée par un ruban rouge.

 

- Merci mon amie.

- Je t’en prie, c’est deux fois rien.

 

Mais moi, je suis heureuse avec un rien… alors deux riens c’est encore mieux.

Je ramène le « deux fois rien » chez moi. Le cœur un peu battant, je défais le ruban rouge. Je soulève… doucement, curieusement le couvercle aux marbrures provençales et soudain… le gris bruxellois derrière les fenêtres se transforme en or soleil. Le chant de cigales s’élève dans mon living et les couleurs des murs, des tentures, de la moquette, des fauteuils même, se mettent à rayonner, à irradier, à briller, à flamboyer, à chatoyer. C’est beau, c’est chaud ! Que de vert ! Tiens un olivier ! Et puis un panier de safran, de thym, de figues et d’abricots. Je me tourne à droite, à gauche. Je ne reconnais plus rien. Tout se transforme, s’éclaire, s’illumine ! Un magicien coloriste est-il soudainement entré dans ma vie en même temps que la boîte à cigales ?

 

Surprise, émerveillée, je reste là, la boîte en main. Je sais que si je la ferme, tout reprendra sa place. Le flot de lumière, de couleur et de chaleur disparaîtra. J’ai envie, oh tellement, de tout garder en moi, autour de moi. Mais bon, ne dit-on pas que les meilleures choses ont une fin ? Je me décide donc.

 

Arrêter de chanter, mes cigales. Du moins pour le moment. Plus tard certainement… Quand mon cœur aura besoin de bleu azur et de vert jardin, je ferai à nouveau appel à vous. Et moi, fourmi de mère en fille, je danserai alors en plein soleil.

 

- Merci mon amie pour ce « deux fois rien » magique.

 

Reproduction formellement interdite

22:00 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Je connais ces petites boîtes. Ma mère habite dans les montagnes à Sainte-Jalles près de Nyons et forcément, j'en ai ramené à tous ceux que j'aime mais je ne me suis pas oubliée et quand j'ai la nostalgie de la-bas, qu'il pleut ou qu'il fait froid, j'ouvre ma petite boîte, je respire mes petits bouquets de lavande e, s'il le faut vraiment, .....je bois un petit pastis!
J'ai adoré ton texe, je reviendrai, promis!

Écrit par : tichat | 31/01/2007

Je ne connais pas ces boîtes, rassures-moi, ce ne sont pas de vraies cigales ??
J'ai beaucoup aimé ton texte, merci pour ces instants charmants.
Viviane

Écrit par : Viviane | 31/01/2007

bonjour, nicole! j'habite dans le midi alors forcément les boites à cigales je connais. Et çà va peut-être te surprendre mais à moi aussi il m'arrive d'en acheter, bien qu'en plein été j'avoue que je supprimerais bien leurs chants de mon paysage tant elles sont soûlantes. J'aime les gens qui écrivent, je le fais moi-même, donc je reviendrai te voir, c'est sûr! donc à bientôt et bisous

Écrit par : mimi | 01/02/2007

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