17/09/2007

Tino d'amour

blog tino d'amour
Tino, petit lapin en peluche orange au ventre tout blanc. Ne me regarde pas ainsi ! Je ne suis pas entrée dans cette chambre pour toi. Pas du tout. Bon, je m’assieds un instant. Quoi ?  Que  dis-tu ?  Que veux-tu ?  Que je ferme les yeux ? Bon, mais c’est bien pour te faire plaisir … Des bruits me pénètrent tout doucement. Des bruits d’avant…… Des bruits d’il y a longtemps …… Gazouillis, babils. Pleurs, tu as mal aux dents mon bébé ? Colères, tu as faim et le biberon est trop chaud ? Tu dors, ta respiration est si légère, tout va bien. Tu gémis dans ton sommeil, Mon Dieu, est-ce que  tout va bien ?  Tiens c’est quoi ces odeurs ? Vanille, savon, linge frais, panades, biscuits, fruits. Tino, arrête tu vas me saouler !  J’ai envie de te toucher. De te caresser le ventre. Mes doigts suivent cette grande cicatrice que je t’ai faite en te recousant. Dis-moi, aurais-tu préféré que je te jette à la poubelle ? Non bien sûr, tu te plaisais trop avec nous. Et puis Isabelle t’aimait tellement. Sais-tu qu’elle a trente ans aujourd’hui ? Une belle jeune femme ! Je te montrerai des photos. Te rappelles-tu la douceur de sa peau quand elle était bébé ? OK, parfois elle te pinçait mais avoue, tu aimais ça. Jamais tu ne t’es rebiffé. Je t’approche de mes lèvres, doucement. Tino, j’ai envie de pleurer. Ce bébé, entre-temps devenu femme, me manque. Si tu savais ! Tout me manque d’elle, depuis le goût de ses panades et de son oreiller, de sa peau sucrée jusqu’à l’odeur de ses cheveux. Tu sens « elle » Tino tu sens tellement « elle ». Dis-moi, puis-je maintenant ouvrir les yeux ?  Le soir tombe. Les objets autour de nous sont comme effacés. Tu es là devant moi, de l’amour plein le museau. Il y a longtemps que je ne t’avais plus regardé. Tes yeux ? Mais qu’est-ce qu’ils ont tes yeux ? Tout ronds mais abîmés … Très abîmés … Quoi, toi aussi tu as beaucoup pleuré ? Dis-moi tout Tino. Raconte au doux de mon oreille. Isabelle te manque aussi ? Tu sais, elle n’est pas si loin de nous mais sa vie lui prend beaucoup de temps. Si tu veux, je t’en parlerai …… quelquefois …… quand nous serons rien que nous deux.  Reproduction formellement interdite

11:11 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |