03/02/2008

Lettre à l'agresseur (histoire vraie)

angemamy  Il se peut que je rencontre ton regard tous les jours dans la rue, dans le métro ou ailleurs … Peut-être ton visage a-t-il la couleur des régions ensoleillées, peut-être a-t-il la pâleur du nord ? Je n’en sais rien. Par contre, ce que je sais c’est que ton visage,  est un visage-lâcheté.En t’écrivant cette lettre, je ne ressens aucune colère, aucun ressentiment. Seulement une immense tristesse quand je vois le visage-peur, le visage-angoisse, le visage-insécurité de ceux qui n’ont à offrir à tes agressions que leurs cheveux blancs et une marche moins assurée que la tienne.Bravo pour ton action d’éclat d’un de ces derniers samedis soir sur la terre. Sautant par derrière sur ta victime, âgée et menue évidemment, la plaquant au sol le genou dans son dos, pesant de toute la force de tes 70 kilos sur ses 48 à elle, tu as vraiment fière allure. Il n’y a pas à dire, tu mets toutes les chances de ton côté, tu ne lui en laisses aucune. Pour sûr c’est le sac que tu veux. Alors pour te l’approprier, tu n’hésites pas à lui faire très mal. Pourquoi n’essaierais-tu pas, ne fut-ce que pour le sport, d’essayer de piquer l’argent d’un grand fort type. Tu sais, l’un de ces malabars qui rentre chez lui, le pas assuré ?Non bien sûr, plutôt une mamy menue qui, affaiblie, ne t’oppose aucune résistance. Très courageux en effet mon garçon. Tes parents doivent être fiers de toi.Quant à moi, je suis non seulement très triste mais j’ai aussi honte. Oui tu lis bien, honte par rapport à ma maman à moi. Car c’est elle que tu as agressée ce samedi-là. Tu te rappelles ? La petite dame qui fermait son parapluie quand tu lui as sauté dessus. J’ai honte car je fais partie de ce système qui n’est même pas capable d’offrir à ses seniors la garantie qu’ils pourront profiter, enfin sereinement, des activités, des clubs, des ateliers, etc… qui se créent à profusion à leur intention.A quoi sert d’agiter une carotte si les « heureux seniors que la société gâte tellement », enfermés chez eux (à double tour surtout car là non plus ils ne sentent plus en sécurité) n’osent pas sortir pour la croquer ?Je terminerais par te dire que tu as bien de la chance. Tu t’es « contenté » de la brutaliser, tu n’as su lui prendre aucun document d’identité, aucune carte de banque ou de crédit (petit tour que ma maman, par prudence, t’a joué). De plus, comme tu as agis par derrière, en bon couard que tu es, elle ne sait donner aucune description de ton intéressante personnalité. Donc, tu es assuré de l’impunité. Encore une fois bravo.

Mais … … dors-tu bien la nuit ? Dis-moi, la voix qui criait « mes lunettes, mes lunettes » ne te poursuit-elle pas dans ton sommeil ? Que raconterais-tu, plus tard, à tes enfants ? 

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17:49 Écrit par Nicole | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |